Vacances, j'oublie tout !
A l'occasion de la dernière émission de la saison de La Grande Librairie, François Busnel propose à ses invités de suggérer le livre qu'ils emmèneraient dans leurs bagages pour les vacances et celui qu'au contraire, ils ne prendraient pas.C'est donc inspirée de ce concept de François Busnel, qui rime avec Louise Adèle, que je vais préparer mon baluchon littéraire mais néanmoins griffé. Alors alors, que sélectionner ?
1) De toute évidence "A la recherche du temps perdu". C'est les vacances, on a donc le droit de guigner les réponses en fin de cahier avant d'avoir su répondre à la question clé. Je me rendrai donc directement au dernier tome "Le temps retrouvé". Mais non c'est pas tricher !
2) "La Cantatrice chauve" d'Eugène Ionesco, parce qu'"elle se coiffe toujours de la même façon". Ne jamais partir en vacances avec des gens trop compliqués, sous peine de ... complications !
3) "L'Ennui" d'Alberto Moravia, parce que le luxe dans la vie, c'est ce qu'on n'a pas.
Alors alors, qu'est ce que je n'emmène pas ?
1) Ni Musso ni Levy. On peut les considérer comme de bons livres de plage mais leur indice de protection n'est pas assez élevé.
2) "La Divine Comédie" de Dante Alighieri. 350 pages d'Enfer et de Purgatoire en vers, avant d'arriver au Paradis, non merci. Une autre fois, en hiver, quand il fera plus froid. A moins que je ne me rende directement à la page 351... Non Louise Adèle, c'est tricher !
3) Ni escarpins,ni mocassins, ni ... Louboutin !
Vacances j'oublie tout, plus rien à faire du tout !
Soldes impromptus
Quoi ? Déjà ??? Pour la première fois, dans ma carrière de fashionista, aurais-je donc raté le jour J, soit le début des soldes d'été ? A ma décharge, ces jours derniers, j'en étais encore au stade où : 1) Je tentais de perdre les deux kilos de la collection
automne-hiver 2013; 2) J'étudiais la corrélation entre le pourcentage d'élasthanne de mon futur maillot de bain et le nombre de jours de grève de la SNCF; 3) Je me demandais quand, enfin, aurais-je le temps de lire "A la recherche du temps perdu" et s'il ne valait pas mieux lire "Le temps perdu pour les nuls"; 4) Je recensais tous les termes, en rimes pauvres ou riches, qui riment avec Louise Adèle; 5) Je m'inquiétais de la note obtenue à mon néobac philo.
Ce matin, cependant, le 50 % affiché sur l'étiquette du prix de la robe col Claudine préalablement repérée, coupa tout net mes réflexions philosophiques poussées. Louise Adèle allez !!! Dans la vie, il n'y a pas que les rimes, Proust et Beckett ! Il y a aussi les "Claudine" de Colette ! Essaye-la cette jolie robe.
Mademoiselle, s'il vous plait ? 50% sur 100, ça fait combien ?
Je la prends, elle me va très bien.
Et sinon... vous soldez les Louboutin ?
Ouh, ces soldes impromptus m'ont vraiment fait du bien.
Ah oui, au fait, petit rappel de français. "Soldes", lorsqu'il désigne les soldes de marchandises = nom pluriel masculin :-)
Louise Adèle passe le Bac philo
Cette semaine, les sujets d'actualité à fort taux d'inspiration chronique ne manquèrent pas. Il y eut Futebol do Brazil, mais je gardai à l'esprit la recommandation de William Faulkner qui nous conseille d'écrire sur ce qu'on connaît. Il eut aussi TGV or not TGV, mais telle n'est pas la question puisque la réponse fut clairement non. Cependant cette question hamletienne nous pousse inéluctablement vers la porte des lycées et plus loin, vers leurs salles de bal où se déroula la chorégraphie de cette chronique, un sujet qui me fascine encore et ma meilleure note sur mon bulletin de l'époque : le Bac philo. Depuis, j'ai largement revu ma copie, pour une version concoctée tout spécialement pour vous. On gardera à l'esprit que philosophie est questionnement et non réponse.
"Doit-on tout faire pour être heureux ?", Bac L 2014
"L" comme Louise Adèle, un début d'affinités. Trois axes de réflexion, le verbe "devoir", "tout" adverbe et "heureux".
Selon le philosophe Alain, être heureux est une aptitude, une compétence. Si je dois être heureux, le bonheur sera alors une performance, quantifiable et mesurable, un bonheur mercantile coté au CAC40. Dois-je alors tout faire pour y parvenir ? Jusqu'où pousser pour atteindre ce Graal ? De toute façon, c'est quoi être heureux, hein ?
"L'artiste est-il maître de son oeuvre ?", Bac S 2014
Difficile de m'imaginer passant un Bac S, mais le sujet est tentant. Je ne sais plus quel écrivain disait qu'une fois l'oeuvre publiée, elle n'appartenait plus à son auteur, mais à ses lecteurs. Et j'adhère à ce constat. L'artiste maîtrise sa créativité, possède le talent et propose l'oeuvre en tant qu'art. Le public l'interprètera, lui fera dire ce qu'elle ne pense peut-être pas, la décortiquera, la psychanalysera et se l'appropriera. Ainsi il en ira. Ou pas.
"Pourquoi chercher à se connaître soi-même ?", Bac ES 2014
Alors celle-ci, une évidence, comme une grève sans trains ! Me connaître, c'est savoir si je veux des sneakers ou des Louboutin !
Tiresias Ô Tiresias le devin ! Alors ? J'ai combien ?
Louise Adèle ou la vraie vie

Dans la vraie vie, Louise Adèle ne s'appelle pas Louise Adèle. Dans la vraie vie, elle souffre déjà de cette canicule qui augmente fortement le taux de points noirs ornant son nez et rien n'y fait. Dans la vraie vie, Louise Adèle travaille dans un open space, Non tu blagues là, ça craint du boudin ! Non je ne blague pas, mais j'y vais en Louboutin. Elle travaille même le lundi de Pentecôte, n'a pas bien compris pourquoi. Est-elle plus solidaire ou moins futée que les 70 % de français qui n'ont pas travaillé ?
Dans la vraie vie, Louise Adèle ne lit ni Musso ni Levy, plutôt Beckett et Echenoz, pour un jour peut-être écrire un peu comme eux. Elle a d'énormes cernes sous les yeux, quand il faudrait dormir, elle écrit. Elle n'a toujours pas lu l'intégralité de l'oeuvre proustienne, c'est sur sa liste, mais celle des courses est bien plus présente et récurrente.
Dans la vraie vie, Louise Adèle ne s'appelle pas Louise Adèle.
Eh Louise Adèle, t'as fini ! Si ça va pas, fais comme d'hab', file t'acheter un sac à main, après tu reviens ! Abstraite, surréaliste, en Louboutin, c'est comme ça qu'on t'aime bien !!!
Non, allez ! Vous m'avez crue ? Même le coup de l'open space ??? Diantre ! C'est oublier là que Louise Adèle rime avec immatérielle, passionnelle, irrationnelle, culturelle, irréelle, artificielle, rebelle, virtuelle !!! Quand même, vivement la plage, les nu-pieds et les vacances d'été, parce qu'en Louboutin, j'ai drôlement mal aux pieds ! Rendez-vous la semaine prochaine, avec La Chronique de Louise Adèle !
J'abdique !
Depuis quelques années, Jeudi de l'Ascension rime avec virée à Banon, où se trouve ma librairie préférée. Je pourrais fort bien vous conter que ce jeudi-là, j'enfilai mon jean bleu (le noir, mon préféré, étant dans la pile de linge à repasser), je camouflai mes points noirs à coups de poudre teintée, enclenchai le GPS et démarrai. Et qu'ensuite j'eus un peu mal au coeur à l'aller, à cause des virages sur la route, hésitai à acheter le dernier Musso pour finalement opter pour le dernier Marc Levy. Que finalement j'eus à nouveau mal au coeur au retour, toujours les virages sur la route, qu'il fallut cette fois-ci faire une halte, je vomis, les autres vidèrent leur vessie et qu'arrivée à la maison je pris conscience que c'était la fin de cette journée et que je ne faisais pas le pont du vendredi... Mais être Louise Adèle, alors, ça rime à quoi ? Vous me suivez ? C'est parti.
Ce jeudi-là, j'enfilai ma robe couleur de Soleil dont les reflets n'avaient d'égal que mon teint parfait. Nul besoin de boussole, le Soleil nous guidait, les six chevaux du carrosse, à belle allure, galopaient. En route vers Banon, je croisai le roi Juan Carlos d'Espagne qui revenait de la librairie, les bras chargés. Je me demandais ce qu'il faisait là, avec sa pile d'ouvrages, se promenant dans les champs. Il me dit que très prochainement, il aurait beaucoup de temps. Les livres portaient tous sur le sujet des éléphants. Il les adorait ! Et m'invita même à sa prochaine partie de chasse ! Oh non, Juan Carlos, quel affreux passe-temps ! Tant pis pour la robe couleur d'ivoire, je passai mon tour, continuai ma route, cheveux bouclés auburn au vent. Arrivée à la bucolique librairie du Bleuet, je me rendis au rayon mathématiques. Ma démarche n'était pas scientifique, plutôt d'ordre pratique. Tout d'abord, je cherchais la réponse à la question de Ionesco, "La racine des mots est-elle carrée ?". Je n'étais vraiment pas certaine de trouver l'ouvrage s'y référant. Par ailleurs, j'espérais grandement trouver en rayon "Histoire des recherches sur la quadrature du cercle", ce afin de répondre à une autre cruciale question : Comment faire rentrer mon postérieur arrondi dans un maillot de bain ne contenant que 2% d'élasthanne ? Je cherchais, errais dans tous les rayons et ne trouvais rien. Bref, dans cette cour carrée, en robe couleur du Soleil, je tournais en rond, comme un éléphanteau. Alors j'entendis : Chérie, si nous allions déguster une glace, sur la place du village ensoleillée ? Je savais bien que mon éventuel "oui" n'augmenterait pas le taux d'élasthanne de mon maillot, mais la place du village était assortie à ma robe. Je m'entendis donc dire : Tu as raison ! Je n'ai toujours rien trouvé, je prends vite fait le dernier Levy et allons gaîment manger une glace, j'abdique !!!
Selfie ou Oxygone, that is the question !

Actualité festivalière cannoise oblige, on en occulta presque d'autres primés : les nouveaux mots du dico 2015. Le tapis rouge n'est guère de mise, la robe haute couture est toujours au pressing, entre deux robes de mariée oubliées par de futures divorcées. Cependant, vous aurez sans doute eu vent de la modernité sonore des nouveaux entrants. Inutile de revenir sur ce qui a déjà été commenté, je vous propose ci-après une sélection personnalisée, sous l'angle linguistique louisadelien qui convient !
Consolidation budgétaire : somnifère naturel très efficace. Label Bio en cours d'acquisition.
Obsolescence programmée : ce qui nous attend, nous le genre humain, si nous ne prenons pas soin de notre planète. Syn. Chronique d'une mort annoncée.
Selfie : Greg sait pas faire de photos, sur les siennes on voit mes ridules et mes points noirs. Laisse ! Je la prends !
Zenitude : avec ou sans accent aigü, mais notion théorique impossible à appliquer dans la pratique. Ou alors, faut que j'arrête le café...
Ce que l'on connaît moins, ce sont les mots supprimés. Virés. Les pauvres ne font pas les fiers, ils plient solennellement leur robe de mariée, la rangent et s'en vont sans bruit. Ci-après, quelques spécimen sans millésime précis.
Aliénisme : n.m. science qui étudie l'aliénation mentale. Oh toi t'inquiète pas va ! Tu vas bientôt revenir dans le circuit !
Escroqueur : n. Celui qui escroque. On a bien fait de le supprimer du dico, il suffit de suivre l'actualité politique pour s'en persuader.
Orphéoniste : Membre d'une société de chant choral. Trop beau ! Mais tu rapportes rien, c'est pour ça qu'on t'a viré.
Oxygone : Triangle oxygone, triangle dont tous les angles sont aigus. Toi, Exit ! T'es fini, on est entrés dans l'ère du grave.
Tirésias Ô Tirésias le devin ! La poésie se meurt, le jargon californiste la remplace ! Si ça continue, je fais comme Jean-Luc Godard, je dis Adieu au langage et m'en irai faire des maths !
Adieu au langage

Festival de Cannes 2014, projection ce matin du 7e film de Jean-Luc Godard sélectionné, "Adieu au langage". Je n'y étais pas, c'est parce ma robe couleur de croisette déteignait au pressing. Juste mes Louboutin et moi, pour entrer dans le palais, ça n'aurait pas suffi. Il m'eut fallu au moins quelques citrouilles. On va donc se satisfaire de la bande-annonce du film, on patientera encore une semaine pour sa sortie en salles. La bande-annonce est corsée. Je n'ai rien compris et on y voit le beau lac Léman : deux bonnes raisons pour éveiller ma curiosité et noter tout ça dans mon agenda.
Louise Adèle ne rime pas avec cinéphile, cependant l'occasion nous est donnée de revoir une petite règle de français. Dans "A bout de souffle" de Godard, film emblématique de la Nouvelle Vague, Belmondo donne une petite leçon de français à Jean Seberg. "Je m'en souviens, et non pas je m'en rappelle". Explication : même à la forme pronominale, le verbe rappeler est transitif direct. On se rappelle quelque chose, on se souvient de quelque chose. Cher Jean-Luc Godard, vous voyez, nous n'avons pas tous dit adieu au langage ! A un journaliste de la RTS, il demande : « SMS, vous savez ce que ça veut dire ? Ça veut dire Save My Soul. »
- A propos de Soul et de SMS, Jean-Luc, n'auriez-vous pas dans votre répertoire, le numéro de mobile de Tirésias ? Depuis mercredi dernier, je n'ai aucune nouvelle ! Vous l'avez ? Merci ! Au fait Jean-Luc, je suis une ancienne compatriote et me prénomme Louise Adèle. Et qu'on s'en souvienne car Louise Adèle rime avec je me rappelle !
" TIRESIAS Ô TIRESIAS LE 2VIN, DI MOI KI EST LA + BELLE ! ET RÉPONDS-MOI ! OU JE LE DIS AU DIEU DU LANGAGE !!! "
BienREvenue Louise Adèle ! - Interview Narcisse
Tirésias : Bonjour Louise Adèle ! Oserais-je un "Welcome back" dans la blogosphère ? Non, tout compte fait, mon statut divin me retient.
Louise Adèle : Vous faites bien. Évitons les anglicismes et restez divin, voulez-vous ? Souhaitez-moi par exemple, la bienREvenue !
Tirésias : Qu'attendiez-vous pour revenir ? Une inversion de la courbe ? Godot ? Enfin, c'est bien pareil.
Louise Adèle : Ces quelques mois furent consacrés à d'autres projets, moins beckettiens.
Tirésias : La question souvent vous a été posée, mais je réitère. Louise Adèle, est-ce là votre vrai prénom ?
Louise Adèle : Oui et non. Il figure bien sur mes pièces d'identité, pourtant on ne s'en servait pas. Et puis, c'est un prénom pratique, qui rime avec un tas de mots. Tiens ! Même avec "belle" !
T : Prenez garde Louise Adèle. La destinée de Narcisse fut tragique.
L A : N'ayez crainte Tirésias, les rimes absurdes et les détournements de mots n'attireront pas les foudres de Némésis, déesse de la vengeance. Louise Adèle ne rime ni avec Narcisse ni avec les eaux du Styx. Mes chroniques sont destinées à faire sourire, mes lecteurs ne sont point dédaignés, mais au contraire appréciés. Oui, c'est vrai, il m'arrive parfois de contempler mon reflet...une boutique, de jolies tenues, une cabine d'essayage et me voilà m'admirant dans la source limpide, robe noire sur le dos, étiquette du prix qui pendouille. Mais cela ne dure guère, je vous l'assure. Très vite je remets mes vêtements, attrape la robe, file à la caisse, paie et m'en vais.
T : Laissons cela. Vous sentez-vous prête à affronter la blogosphère et ses démons, la googlisation de votre prénom, les détournements linguistiques, l'écriture absurde, l'oracle, votre destin ?
L A : Aucun problème !!! C'est justement à ce dessein que j'ai RE-troqué contre sneakers mes Louboutin !
T : Tant de coquetterie nuit, prenez garde.
L A : N'ayez crainte Tirésias, je publierai ici tous les mercredis, vous verrez bien !
T : Alors Louise Adèle, je vous souhaite BienREvenue !

